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Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra forme un nouveau gouvernement axé sur la continuité

Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra forme un nouveau gouvernement axé sur la continuité

Faustin-Archange Touadéra reconduit Félix Moloua à la tête du gouvernement

En mai 2026, la République centrafricaine a vu la formation d'un nouveau gouvernement, un mois après l'investiture du Président Faustin-Archange Touadéra pour son troisième mandat. Cette nouvelle équipe ministérielle, annoncée le 21 mai, se caractérise par une forte continuité, avec une prédominance des membres du parti présidentiel, le Mouvement cœurs unis (MCU).

Le Président Touadéra, réélu en décembre avec 77,90 % des voix et au pouvoir depuis 2016, a reconduit Félix Moloua au poste de Premier ministre. M. Moloua, en fonction depuis 2022, avait présenté sa démission le 13 mai avant d'être rétabli dans ses fonctions deux jours plus tard. Le nouveau gouvernement est composé de 29 portefeuilles, et seulement 10 nouveaux visages font leur entrée. Parmi eux, Évariste Ngamana, une figure montante du MCU et ancien porte-parole de campagne de M. Touadéra, a été nommé ministre de la Communication et des Médias.

Un contexte parlementaire incomplet

Cette réorganisation gouvernementale intervient dans un climat institutionnel singulier. La huitième législature a été officiellement ouverte au début du mois de mai, bien que la Cour constitutionnelle n'ait pas encore proclamé les résultats définitifs du second tour des élections législatives. Actuellement, seuls 90 des 144 députés de l'Assemblée nationale ont été installés. Les 54 sièges restants sont en attente de validations juridiques ou de l'organisation de scrutins partiels dans les régions affectées par l'insécurité.

La stratégie de Faustin-Archange Touadéra semble privilégier la stabilité du pouvoir sur une ouverture politique plus large. La reconduction de Félix Moloua et la nomination de proches aux postes clés envoient un message de confiance aux partenaires financiers et sécuritaires internationaux.

Dans un contexte où la sous-région de la CEMAC met l'accent sur la rigueur pour stimuler l'économie et attirer les investissements transfrontaliers, Bangui opte pour un maintien du statu quo institutionnel. Ce gouvernement consolidé est perçu comme un instrument essentiel pour mettre en œuvre les réformes structurelles sans les contraintes de négociations complexes au sein d'un Parlement potentiellement fragmenté.

Les défis socio-économiques du nouveau mandat

Cette nouvelle équipe gouvernementale est confrontée à des enjeux socio-économiques pressants. Le contrôle de l'inflation, la relance des recettes douanières et l'extension de l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire national sont des objectifs cruciaux pour la survie du régime durant ce mandat. En optant pour une approche politique monolithique plutôt que pour une cohabitation ou une ouverture à l'opposition, Faustin-Archange Touadéra mise sur la force administrative.

La question demeure de savoir si cette centralisation du pouvoir parviendra à apaiser les tensions sociales à Bangui et à attirer la confiance des investisseurs internationaux, éléments indispensables à la reconstruction du pays d'ici 2030. La nomination de ce nouveau gouvernement par le Président Touadéra reflète la détermination du Mouvement cœurs unis à gouverner avec fermeté pour ce troisième mandat. En installant ses ministres avant même la validation complète de l'Assemblée nationale, le Président affirme sa volonté de diriger l'agenda politique du pays. Il reste à voir si cette stratégie, perçue comme une exclusion de l'opposition, ne générera pas de nouvelles contestations et si les 54 députés manquants pourront rétablir un équilibre démocratique au sein des institutions centrafricaines.

Source: Le Journal du Congo